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NOTE DE SYNTHÈSE — PROPOSITION N°2

Application de tarification des noms de domaine — architecture, faisabilité et méthodologie de collecte

Document préparé avec Claude (Anthropic) — version révisée du 12 septembre 2026, intégrant l'analyse de répartition par pays (Microsoft Copilot) et la proposition de plafonnement par catégorie d'entreprise pour les États-Unis (Google Gemini), transmises et commentées par Pierre Genevier le 12 septembre 2026, en complément de la version du 11 août 2026.

Document de travail évolutif — à reprendre, corriger et enrichir à la prochaine session.

1. Objet et positionnement dans la plateforme

Cette note traite de la Proposition n°2 de la plateforme de Pierre Genevier : la mise en place d'un nouveau système de tarification des noms de domaine, destiné à financer l'organisation internationale (OI) dédiée à la gouvernance de l'Internet et de l'intelligence artificielle, et plus largement les missions de l'ONU décrites dans la Vision, et l'amélioration du système d'information de l'Internet.

Conformément au gabarit commun validé le 15 juillet 2026, la présente note se concentre sur ce qui est propre à la Proposition n°2 — le moteur de calcul tarifaire, son architecture applicative et sa méthodologie de collecte de données — et renvoie à la Note de synthèse — Proposition n°1 pour tout ce qui touche à l'architecture institutionnelle commune de l'OI, à ses scénarios d'infrastructure et à son financement global en tant qu'institution. La présente note ne développe donc du financement que la mécanique tarifaire elle-même (section 4), la lecture macro-financière à travers les trois scénarios d'infrastructure de l'OI restant traitée dans la Note-Proposition n°1 (section 4.4).

Note de méthode : cette version reprend intégralement le contenu de la version du 11 août 2026 et y ajoute, sans rien retirer : (i) en section 2.4, une illustration indicative de la répartition de l'objectif de 30 Md$/an par pays (méthode proportionnelle au PIB, à partir d'une analyse Microsoft Copilot du 12 septembre 2026) et de la répartition par catégorie d'entreprise pour la part américaine, pays qui supporterait la charge la plus élevée (méthode de plafonnement progressif proposée par Google Gemini le 12 septembre 2026) ; (ii) en section 4.1, un paragraphe sur la contrepartie apportée aux grands groupes numériques par la création de l'OI ; (iii) un point de vigilance correspondant en section 6 ; et (iv) deux nouvelles annexes (7.5 et 7.6) présentant le détail chiffré de ces deux répartitions. Elle reste un document de travail évolutif, à enrichir lors des prochaines sessions.

2. Description de la proposition

2.1 Principe général : un moteur de calcul paramétrique et continu, et un système d'information de l'Internet plus détaillé et performant

La proposition institue un mécanisme de redevance sur les noms de domaine, assis sur une pluralité de paramètres propres à chaque entité assujettie [nature de l'entité (entreprise, administration, association, université, …, individu) et but du site ; chiffres d'affaires, profits, effectifs …, pour les entreprises ; budgets, effectifs …, pour les administrations, associations … ; noms, adresses, …, pour les individus ; et, pour tous les possesseurs de noms de domaine, objets IoT rattachés, moyens de paiement, coordonnées bancaires ... (pour ceux qui payent une redevance) — section 2.3], plutôt que sur un simple seuil binaire de revenu. Le moteur de calcul est conçu comme un moteur à règles configurables, appliquant des coefficients de pondération continus à chaque paramètre pour produire une redevance individualisée par entité, sans valeur codée en dur : les coefficients eux-mêmes demeurent ainsi ajustables par décision politique des États membres, sans nécessiter de redéveloppement applicatif à chaque révision du barème.

Au-delà de leur rôle dans le calcul de la redevance, ces informations doivent aussi permettre à l'OI de disposer d'un système d'information de l'Internet plus détaillé et performant, utile notamment à l'amélioration de la sécurité sur Internet et à la lutte contre la cybercriminalité (et, le cas échéant, contre certaines violations des droits de l'homme). Cet objectif ne vise en aucun cas à mettre en place une surveillance des utilisateurs de l'Internet ; les modalités techniques garantissant que ces données ne puissent servir à une telle surveillance restent à documenter, en lien avec le phasage décrit en section 2.5.

2.2 Dix-sept modules fonctionnels

L'application se décompose désormais en trois blocs : six modules initiaux (Phase 1, modules 1 à 6), qui couvrent les possesseurs de noms de domaine ; six modules centrés sur les utilisateurs individuels (humains) de l'Internet via leurs objets connectés (Phase 2, modules 7 à 12) ; et, depuis la version du 11 août 2026, cinq modules supplémentaires portant sur les revenus individuels générés sans site propre par le biais de plateformes tierces (Phase 3, modules 13 à 17 — voir section 2.6). Les Phases 2 et 3 partagent le même registre de base des utilisateurs individuels (Module 7), mais reposent sur des logiques de rattachement, de collecte et de vérification distinctes, détaillées ci-dessous.

Phase 1 — modules 1 à 6

Phase 2 — modules 7 à 12 (utilisateurs individuels, volet IoT)

Phase 3 — modules 13 à 17 (utilisateurs individuels, volet revenus de plateforme — nouveau)

Ces modules constituent le pendant, pour les revenus générés via des plateformes tierces sans site propre, des modules 8 à 12 pour le volet IoT — voir le détail du principe et de la justification en section 2.6.

2.3 Paramètres pris en compte

Pour la Phase 1, le moteur de calcul s'appuie sur quatre familles de paramètres déclarés ou vérifiés par entité : l'identification [identité légale du possesseur du site (entreprise, administration, individu, etc.) et représentant légal pour les non-individus, objet du site ou type de site (commercial, personnel, administratif, etc.), noms de domaine détenus], les paramètres financiers (chiffre d'affaires et profits, totaux et Internet-spécifiques, budget, si approprié), les effectifs (total et dédié Internet), et le volume d'usage Internet et d'objets connectés rattachés (IoT). La méthodologie de collecte propre à chacun de ces paramètres, et le degré de fiabilité attendu, sont détaillés en section 3.3.

Pour la Phase 2, le moteur de calcul sera forcément complètement différent puisqu'il s'appuiera (dans un premier temps au moins) uniquement sur l'utilisation des ressources de l'Internet par les objets IoT associés à la personne concernée ; les paramètres seront donc l'identification (identité légale ou nom de la personne, adresse), les objets connectés rattachés (IoT), et le volume d'usage Internet lié à ces IoT.

Pour la Phase 3, les paramètres sont d'une nature différente : il ne s'agit plus d'une consommation de ressources Internet mais d'un revenu généré grâce à l'Internet sans possession d'un site propre. Les paramètres retenus sont donc l'identification de la personne (nom, identifiant fiscal si disponible), l'identifiant de compte sur chaque plateforme concernée (Module 13), et le montant des revenus versés par la plateforme sur la période de référence (Module 14), tel que déclaré par la plateforme elle-même plutôt que par l'utilisateur individuel — voir la justification de ce choix en section 2.6.

2.4 Objectif de revenu et mécanique tarifaire à formaliser

Le chiffre de 30 milliards $ par an, mentionné dans le curriculum vitae de Pierre Genevier, constitue un paramètre de politique tarifaire fixé par les États membres — et non une donnée de marché à vérifier — destiné à répartir équitablement le financement de l'OI entre détenteurs de noms de domaine et utilisateurs de l'Internet, en fonction, entre autres, de leur utilisation des ressources et des revenus générés grâce à l'Internet. Il reste cohérent avec l'ordre de grandeur actuel du marché mondial des noms de domaine (5 à 6 milliards $ par an), en supposant une refonte substantielle mais non déraisonnable du barème existant. Ce qui reste à documenter n'est donc pas ce chiffre lui-même, mais la mécanique tarifaire permettant d'y parvenir : critères de progressivité, seuil de revenu des entreprises assujetties, prise en compte de l'utilisation effective des ressources par les utilisateurs personnels de l'Internet, cohérence avec le moteur de calcul paramétrique décrit en section 2.1 — travail qui sera à mener une fois que le projet sera approuvé. Le volet Phase 3 (section 2.6) constitue une source de revenu potentielle supplémentaire, distincte, qui n'est pas incluse dans cet objectif de 30 Md$/an à ce stade et devra faire l'objet d'un chiffrage séparé une fois le principe validé politiquement.

2.4 ter — Illustration indicative de la répartition par pays et par catégorie d'entreprise aux États-Unis (nouveau, 12 septembre 2026)

Cette sous-section répond à une question posée par Pierre Genevier le 12 septembre 2026 : avant même que la mécanique tarifaire définitive (progressivité, seuils) ne soit formalisée (section 4.3), il est utile de disposer d'un ordre de grandeur de ce que représenterait l'objectif de 30 Md$/an une fois réparti entre pays, puis, pour le pays qui supporterait la charge la plus élevée — les États-Unis —, entre catégories d'entreprises. Les deux exercices qui suivent sont des illustrations, non des propositions de barème : ils visent à vérifier que l'objectif de 30 Md$/an reste plausible une fois ventilé, et à anticiper les obstacles pratiques d'un chiffrage par pays et par catégorie d'acteur.

Méthode de répartition par pays (proportionnelle au PIB)

Une première approche, purement illustrative, consiste à répartir les 30 Md$/an entre les 191 États au prorata du Produit intérieur brut (PIB) nominal de chacun, sur le principe suivant : Montant attribué à un pays = 30 Md$ × (PIB du pays ÷ somme des PIB retenus). Ce calcul a été demandé par Pierre Genevier à Microsoft Copilot, à partir d'un tableau de PIB par pays (FMI, 2026) consulté sur Wikipédia. Le détail des montants pour le Top 20 et le Top 50 des pays par PIB figure en Annexe E (section 7.5).

Fiabilité des chiffres de PIB utilisés : les valeurs de PIB nominal 2026 utilisées par Copilot (32 384 Md$ pour les États-Unis, 20 852 Md$ pour la Chine, 5 453 Md$ pour l'Allemagne, etc.) sont cohérentes avec les dernières estimations du FMI (World Economic Outlook), qui situent le PIB américain 2026 autour de 31,8 Md$ et celui de la Chine autour de 20,7 Md$ selon les mises à jour disponibles — un écart de l'ordre de 1 à 2 % par pays, probablement dû à la version du tableau Wikipédia consultée au moment de la demande plutôt qu'à une erreur de méthode. L'ordre de grandeur et le classement relatif des pays ne sont pas affectés par cet écart. Pour la part américaine, le calcul proportionnel aboutit ainsi à environ 7,69 Md$/an — un chiffre à traiter comme un ordre de grandeur indicatif à affiner (à la marge) avec les données officielles du FMI au moment de la rédaction finale du barème, plutôt qu'une valeur définitive.

Limite d'une répartition intra-pays au prorata brut du chiffre d'affaires

Une seconde question, également posée par Pierre Genevier, est de savoir comment répartir la part d'un pays donné — la part américaine de 7,69 Md$/an, à titre d'exemple, le pays ayant la charge la plus élevée — entre les entités assujetties de ce pays. Une première simulation, également réalisée à la demande de Pierre Genevier (Microsoft Copilot puis Google Gemini), a consisté à répartir ce montant au prorata direct du chiffre d'affaires des entreprises : sur le Fortune 500 seul, cela conduirait Walmart (premier CA du classement, environ 681 Md$) à porter environ 277 M$/an ; en élargissant l'assiette à l'ensemble des entreprises américaines (environ 50 000 Md$ de CA cumulé, entreprises employeuses et indépendants confondus), ce montant tombe à environ 105 M$/an pour Walmart, le reste de la part américaine se diluant sur les PME et les indépendants.

Cette simulation, bien qu'utile pour mesurer les ordres de grandeur, illustre surtout la limite d'un coefficient linéaire brut appliqué au seul chiffre d'affaires : elle pénalise de façon disproportionnée les grandes entreprises à fort volume mais à faible marge (distribution, énergie) par rapport aux acteurs numériques à forte marge et à moindre intensité de main-d'œuvre, et ne reflète pas la logique du moteur de calcul paramétrique décrit en section 2.1 (Module 3), qui repose précisément sur une pluralité de paramètres pondérés — dont l'intensité numérique de l'activité — plutôt que sur le seul chiffre d'affaires.

Proposition d'un barème progressif et plafonné par catégorie d'entreprise

Pour corriger cette limite, une méthode alternative a été proposée par Google Gemini, à la demande de Pierre Genevier, à partir d'un examen critique de la présente proposition : plutôt qu'un taux unique sur le chiffre d'affaires, la mécanique tarifaire combinerait quatre leviers, cohérents avec l'architecture déjà retenue par la proposition (section 2.1 et Module 3) :

Appliquée à titre d'illustration à la part américaine (7,69 Md$/an), cette méthode répartit la charge entre catégories d'entreprises selon un barème progressif et plafonné, résumé ci-dessous (détail complet en Annexe F, section 7.6) :

Catégorie

Redevance plafonnée / forfait indicatif

Recette générée (illustrative)

Très grands groupes numériques (Tech / Cloud / e-commerce)

Plafond ~ 25 M$/an

~ 0,88 Md$

Grandes entreprises (Fortune 500 hors Tech)

Plafond ~ 3 M$/an

~ 1,38 Md$

ETI (entreprises de taille intermédiaire)

~ 10 000 $ à 80 000 $/an

~ 1,20 Md$

PME

~ 1 200 $ à 5 000 $/an

~ 0,80 Md$

Petites entreprises

~ 150 $ à 600 $/an

~ 0,45 Md$

Micro-entreprises et indépendants

~ 15 $ à 45 $/an

~ 0,36 Md$

Phase 3 — revenus de plateforme (volet américain)

~ 0,5 % à 1 % prélevé à la source, exonération sous 2 000 $/an

~ 2,20 Md$

Administrations, universités, organisations

Forfait ~ 500 $ à 10 000 $/an

~ 0,42 Md$

Sous cette hypothèse, un géant du numérique verrait sa contribution plafonnée à un montant marginal au regard de ses résultats, tandis qu'une grande entreprise traditionnelle à faible marge (Walmart, dans l'exemple) passerait d'environ 277 M$ (calcul brut au prorata du seul CA sur le Fortune 500) à un plafond de l'ordre de 3 M$/an. Une PME classique se situerait dans l'ordre de grandeur d'un abonnement logiciel professionnel annuel, et un indépendant dans celui du coût d'un nom de domaine.

Portée de cette illustration : ces chiffres sont des ordres de grandeur produits par un exercice de simulation externe (Google Gemini), destinés à démontrer la faisabilité arithmétique de l'objectif de 30 Md$/an sous une mécanique progressive et plafonnée, et non un barème arrêté. La mécanique tarifaire définitive (taux exacts, seuils, plafonds, définition de l'« intensité numérique ») reste, comme indiqué ci-dessus, à documenter une fois le projet approuvé (section 4.3), en cohérence avec le moteur de calcul paramétrique (Module 3).

2.4 bis Entrée en vigueur de la redevance et versement volontaire anticipé

Deux mécanismes distincts, à ne pas confondre, permettent d'anticiper la perception de ressources par l'OI avant la pleine montée en charge opérationnelle du dispositif décrit en section 3.

Entrée en vigueur immédiate — et non redevance rétroactive

Le principe retenu n'est pas celui d'une redevance rétroactive au sens juridique du terme — ce qui poserait une difficulté de principe dans la plupart des systèmes juridiques (non-rétroactivité de l'imposition, nullum tributum sine lege) — mais celui d'une redevance dont l'obligation naît à la date de la décision de création de l'OI par l'Assemblée générale, et dont le paiement effectif est simplement différé jusqu'à ce que le système d'information décrit en section 3 permette d'en calculer précisément le montant dû par chaque entité assujettie. La créance existe donc dès la décision de création ; seule sa liquidation est retardée pour des raisons pratiques, non pour des raisons de droit. Ce point mérite d'être formulé avec précision dans le texte final de la proposition, afin d'éviter toute ambiguïté sur le plan juridique.

Versement volontaire anticipé

Indépendamment de ce qui précède, un mécanisme de versement volontaire anticipé serait ouvert, dès le lancement du projet, aux possesseurs de noms de domaine qui souhaiteraient soutenir le financement de l'OI avant l'entrée en application généralisée de la redevance — en particulier les grands acteurs de l'Internet (« géants de l'Internet ») disposant de la surface financière pour le faire. En contrepartie, une réduction serait appliquée sur leur redevance future, d'un montant probablement minime et pour une durée limitée dans le temps (et non à vie), les paramètres exacts (taux, durée, plafond) restant à définir. L'objectif de ce mécanisme est double : donner aux grands acteurs de l'Internet la possibilité de soutenir le projet dès son lancement, et procurer à l'OI des ressources de démarrage avant que le dispositif de redevance générale ne soit pleinement opérationnel. Ce mécanisme doit rester clairement distinct, tant sur le plan conceptuel qu'administratif, de la redevance obligatoire elle-même, afin de ne pas laisser entendre que cette dernière serait négociable.

2.5 Phasages possesseurs de noms de domaine / utilisateurs individuels (humains) de l'Internet

L'extension envisagée du dispositif — rattachement des objets IoT et robots à leurs utilisateurs individuels, au-delà de la seule tarification pour possesseurs de sites — soulève des enjeux de nature différente (vie privée, souveraineté des États sur l'état civil, risque de surveillance de masse), susceptibles de compromettre l'ensemble de la proposition si les deux volets ne sont pas clairement dissociés. Le dispositif est donc désormais phasé en trois temps :

Pour la Phase 2, un modèle fédéré plutôt que centralisé est recommandé par défaut : chaque État conserverait la maîtrise de son propre système d'identification, l'OI ne détenant qu'un système d'identifiants interopérables permettant de rattacher un objet IoT à une identité nationale existante, sans registre nominatif mondial centralisé — solution plus proche des cadres d'interopérabilité déjà en discussion (UIT, ID4D de la Banque mondiale) que des précédents les plus controversés (registres centralisés type Aadhaar ou ID2020). Une alternative technique — rattachement par certificat ou jeton d'attribution plutôt que par registre nominatif — mérite également d'être creusée avant tout arbitrage.

Une centralisation plus poussée n'est pas retenue comme objectif de la Phase 2 : elle ne pourrait être envisagée, le cas échéant, que si des garanties structurelles — et pas seulement techniques — de protection de la vie privée et de non-détournement à des fins de surveillance venaient à être établies dans le futur ; le modèle fédéré demeure, en l'état, l'option par défaut recommandée. Cette question rejoint des enjeux plus larges de la plateforme — notamment la Proposition n°4 (gestion des retraites), qui suppose elle aussi un minimum d'enregistrement des personnes physiques — traités le cas échéant dans les notes correspondantes plutôt que dans la présente note, dont l'angle IoT/redevance reste volontairement plus étroit.

2.6 Redevance sur les revenus individuels générés via des plateformes tierces, sans site propre

Cette section répond à une question soulevée par Pierre Genevier le 11 août 2026 : au-delà des possesseurs de noms de domaine (Phase 1) et des utilisateurs individuels via leurs objets IoT (Phase 2), de nombreuses personnes physiques génèrent aujourd'hui des revenus significatifs grâce à Internet sans posséder de site à leur nom — créateurs de contenu, influenceurs, vendeurs sur places de marché, freelances sur plateformes — en s'appuyant exclusivement sur des plateformes tierces (YouTube, Meta/Instagram/Facebook, TikTok, Amazon, Etsy, eBay, Fiverr, Upwork, etc.).

Principe retenu

Il est cohérent, avec la logique d'ensemble de la Proposition n°2 (une redevance assise à la fois sur la possession de ressources Internet et sur les revenus qui en sont tirés), d'étendre le principe de contribution à cette catégorie d'utilisateurs. Ce volet est cependant traité comme un dispositif distinct de la Phase 2 plutôt que comme une extension de celle-ci : la Phase 2 mesure une consommation de ressources techniques (objets connectés), tandis que le présent volet mesure un revenu, ce qui rapproche sa logique de calcul de celle de la Phase 1 (section 2.1) — la difficulté n'étant pas le principe du calcul, mais le point de collecte, un utilisateur de plateforme ne possédant par définition ni nom de domaine ni registrar auquel rattacher la collecte.

Mécanisme de collecte : s'appuyer sur les plateformes plutôt que sur l'utilisateur individuel

Plutôt que d'exiger une déclaration individuelle de plusieurs centaines de millions de créateurs et vendeurs dispersés dans le monde — hypothèse peu réaliste et difficilement vérifiable — le mécanisme proposé s'appuie sur un précédent institutionnel déjà en vigueur : la directive européenne DAC7 (directive 2021/514, transposée depuis le 1er janvier 2023) impose aux opérateurs de plateformes numériques (places de marché, plateformes de services, y compris situées hors Union européenne dès lors qu'elles ont des vendeurs européens) de collecter, vérifier et transmettre aux administrations fiscales l'identité et les revenus de leurs utilisateurs monétisés, au-delà d'un seuil de minimis (2 000 € ou 30 transactions par an dans le cadre de DAC7). L'OCDE a par ailleurs formalisé des Model Rules reprenant ce principe à l'échelle internationale, hors Union européenne. Le mécanisme n'est donc pas à inventer : il s'agit de transposer, au bénéfice de l'OI, un principe de déclaration par la plateforme elle-même déjà éprouvé et accepté par les grands acteurs du secteur.

Deux options de mise en œuvre sont envisageables et restent à arbitrer : (a) sur le modèle DAC7, la plateforme déclare les revenus versés à l'OI (ou à l'administration fiscale nationale, qui la transmettrait à l'OI), qui émet ensuite l'avis de redevance à l'utilisateur individuel ; (b) sur un modèle de retenue à la source, la plateforme prélève directement le montant de la redevance avant reversement à l'utilisateur, ce qui est administrativement plus simple et plus fiable pour l'OI, mais politiquement plus lourd à négocier avec les plateformes — une résistance comparable à celle rencontrée par les taxes sur les services numériques (DST) nationales est à anticiper (cf. section 6).

Ordres de grandeur (données sourcées, en remplacement de l'analyse préliminaire non sourcée du 31 juillet 2026)

La version précédente de cette réflexion s'appuyait sur une analyse produite par un assistant IA généraliste (Microsoft Copilot), dont plusieurs chiffres n'étaient pas sourcés de manière vérifiable, en particulier l'estimation de 80 à 120 millions de personnes vivant de ces activités. Une recherche sourcée spécifique a été menée pour la présente note ; les ordres de grandeur suivants sont mieux établis, mais restent eux-mêmes marqués par une forte dispersion selon les cabinets d'études, ce qui doit être conservé dans la formulation :

Ces chiffres confirment que l'ordre de grandeur est significatif et justifie d'approfondir ce volet, mais ils ne doivent pas être utilisés, à ce stade, pour fixer un objectif de revenu chiffré pour la Phase 3 : la mécanique tarifaire (taux, seuil de minimis, plafond éventuel) reste à documenter, sur le même principe que pour la Phase 1 (section 4.3), une fois le principe validé politiquement.

Point de vigilance

Ce volet expose l'OI à un risque de chevauchement avec les taxes sur les services numériques (DST) déjà en vigueur ou en discussion dans plusieurs juridictions, ainsi qu'à une négociation politiquement sensible avec des plateformes disposant d'une force de frappe juridique et de lobbying considérable — un point à traiter avec la même prudence que celle appliquée aux formulations sensibles de la Proposition n°5 (cf. mémoire de session).



3. Faisabilité technique

3.1 Estimation de développement par module

Estimation indicative de complexité et de charge de développement par module, sur l'hypothèse d'une équipe expérimentée en développement d'applications transactionnelles à grande échelle — à affiner une fois l'architecture technique validée.

Module

Complexité

Estimation (mois-personnes)

Points de risque

1. Registre des entités

Modérée

8–14

Réconciliation avec identifiants nationaux hétérogènes

2. Collecte / déclaration

Modérée à élevée

12–20

Multiplicité des langues, juridictions, formats de données source

3. Moteur de calcul

Modérée

6–10

Conception du modèle de pondération configurable

4. Vérification / audit

Élevée

14–24

Absence de sources tierces fiables pour certains paramètres (cf. section 3.3)

5. Facturation / suivi

Faible à modérée

6–10

Interfaçage avec systèmes de paiement multi-devises

6. Tableau de bord

Faible

4–8

Total estimé pour la Phase 1 : de l'ordre de 50 à 85 mois-personnes pour une version complète, soit, avec une équipe de 6 à 10 personnes (développeurs, architecte, data engineer, expert sécurité, chef de projet), un calendrier de développement en parallèle des modules de 10 à 16 mois, hors phase de test à grande échelle et déploiement progressif.

La Phase 2 (modules 7 à 12) demeure non chiffrée à ce stade, conditionnelle à la négociation préalable du cadre de protection des données (section 2.5). En revanche, la Phase 3 (modules 13 à 17), pouvant démarrer immédiatement selon la clarification apportée en section 2.5, fait l'objet d'une première estimation indicative :

Module

Complexité

Estimation (mois-personnes)

Points de risque

13. Rattachement identifiants plateforme

Modérée

8–14

Négociation technique avec chaque grande plateforme (formats d'API propres)

14. Collecte / déclaration (revenus plateforme)

Modérée à élevée

10–16

Multiplicité des plateformes et de leurs formats de reporting

15. Moteur de calcul

Modérée

6–10

Réutilisation partielle de l'architecture du Module 3

16. Vérification / audit

Élevée

12–18

Croisement avec déclarations fiscales nationales, hétérogènes selon les États

17. Tableau de bord

Faible

4–8

Total estimé pour la Phase 3 : de l'ordre de 40 à 66 mois-personnes — estimation à affiner une fois le principe de collecte (déclaration par les plateformes vs retenue à la source, cf. section 2.6) arbitré avec Pierre Genevier.

Phasage de développement recommandé

Estimation calendaire globale : 3 à 5 ans entre le MVP et un système pleinement opérationnel à l'échelle mondiale, cohérente avec les délais habituels de déploiement d'une nouvelle infrastructure administrative internationale.

Facteur de risque transversal : la collecte et la vérification (modules 2 et 4) constituent le facteur limitant du projet, davantage que la technique elle-même — l'application peut être développée rapidement, mais son utilité dépend entièrement de la fiabilité des données déclarées, en particulier pour les paramètres sans source tierce. Ce point oriente la négociation vers la nécessité d'un mécanisme de coopération inter-étatique de vérification, davantage que vers un défi purement technique (cf. section 3.3 et section 6).

3.2 Besoins en infrastructure

Volumétrie estimée

Hypothèse de dimensionnement : base de l'ordre de 400 à 500 millions d'entités à terme (entreprises + administrations + associations), sur la base des ordres de grandeur suivants — à affiner : environ 300 à 350 millions d'entreprises actives dans le monde ; environ 190 États et un nombre bien plus élevé de collectivités infra-nationales ; plusieurs dizaines de millions d'associations, avec une couverture documentaire très inégale selon les pays ; environ 350 à 370 millions de noms de domaine actifs dans le monde, toutes extensions confondues.

Stockage et calcul

Pour une base de cette taille, avec plusieurs dizaines de champs par entité (identité, domaines détenus, paramètres financiers, historique de redevance, objets IoT rattachés), le volume de stockage estimé est de l'ordre de plusieurs dizaines de téraoctets à l'échelle du système complet — modeste au regard des standards actuels d'infrastructure cloud. Le moteur de calcul paramétrique lui-même représente une charge faible à modérée (calculs arithmétiques pondérés, sans entraînement ni inférence de modèle IA lourde), avec un pic de charge attendu lors des périodes de déclaration annuelle, nécessitant un traitement par lots plutôt qu'un calcul temps réel permanent.

Point clé, déjà établi dans la Note-Proposition n°1 (section 3.4) : cette application ne nécessite pas de capacité de calcul IA frontière. Il s'agit d'une base de données transactionnelle classique associée à un moteur de calcul paramétrique, relevant tout au plus du Scénario B défini dans la Note-Proposition n°1, et dont l'ampleur reste stable quel que soit le scénario d'infrastructure global retenu pour l'OI. Le volet Phase 3 (section 2.6), reposant sur la réception de déclarations agrégées transmises par un nombre limité de grandes plateformes plutôt que sur la collecte directe auprès de centaines de millions d'individus, n'ajoute qu'une charge d'infrastructure marginale par rapport à la Phase 1.

Sécurité et résilience

La base contenant des données financières sensibles (profits, chiffre d'affaires) pour des centaines de millions d'entités, elle nécessitera un niveau de sécurité comparable à celui d'une administration fiscale internationale — chiffrement, audit trail, contrôle d'accès granulaire. La question de la souveraineté des données reste à trancher : hébergement centralisé unique ou répartition régionale avec synchronisation, cette dernière option étant probablement préférable pour l'acceptabilité politique par les États membres, en écho à la question soulevée pour la base des personnes physiques en section 2.5.

3.3 Méthodologie de collecte des données

Le mécanisme de collecte repose sur un formulaire en ligne, saisi par chaque possesseur de site (Phase 1) ou, le cas échéant, par chaque utilisateur individuel concerné (Phase 2). Les données saisies sont vérifiées, dans la mesure du possible, de manière quasi immédiate à l'aide des sources listées dans les tableaux ci-dessous. Lorsque l'information est déjà disponible via ces sources, un formulaire pré-rempli — totalement ou partiellement — est fourni à l'entité concernée, à charge pour elle de le compléter et de le valider. Pour la Phase 3, la logique est inversée : la donnée est transmise directement par la plateforme (cf. section 2.6) et ne nécessite pas de formulaire pré-rempli à valider par l'utilisateur individuel, sur le modèle du prélèvement à la source ou de la déclaration automatique déjà pratiqués en matière fiscale (DAC7).

Pour chaque paramètre identifié en section 2.3, le tableau ci-dessous précise la ou les sources potentielles, le degré de disponibilité actuel, le mécanisme de collecte envisagé et le niveau de fiabilité attendu.

Identification des entités

Paramètre

Source(s) potentielle(s)

Disponibilité actuelle

Mécanisme / fiabilité

Identité légale des entreprises

Registres du commerce nationaux (SIRENE, Companies House...)

Élevée dans les juridictions développées, inégale ailleurs

Accords de coopération/API — fiabilité élevée où disponible

Identité des administrations

Bases ONU, listes officielles par État

Élevée au niveau national, incomplète au niveau infranational

Déclaration par les États membres — fiabilité élevée

Identité des associations

Registres nationaux d'associations

Faible à modérée, très inégale

Auto-déclaration + croisement partiel — fiabilité modérée

Noms de domaine détenus

Registrars, bases WHOIS/RDAP

Élevée (données standardisées)

Accords avec ICANN et registrars — fiabilité élevée

Paramètres financiers

Paramètre

Source(s) potentielle(s)

Disponibilité actuelle

Mécanisme / fiabilité

Chiffre d'affaires total

Administrations fiscales, registres du commerce, autorités boursières

Élevée pour grandes entreprises ; modérée pour PME

Accords/déclaration obligatoire — fiabilité élevée à modérée

Profits totaux

Mêmes sources

Idem

Idem

CA / profits Internet-spécifiques

Aucune source tierce existante

Très faible — non exigé aujourd'hui

Auto-déclaration exclusive, avec définition normative à établir — fiabilité faible, point critique (cf. section 6)

Effectifs

Paramètre

Source(s) potentielle(s)

Disponibilité actuelle

Mécanisme / fiabilité

Effectif total

Registres sociaux nationaux

Élevée dans la plupart des juridictions

Accords de coopération — fiabilité élevée

Effectif dédié Internet

Aucune source tierce existante

Très faible — non recensé séparément

Auto-déclaration, définition normative à établir — fiabilité faible, même limite que ci-dessus

Volume d'usage Internet et objets IoT

Paramètre

Source(s) potentielle(s)

Disponibilité actuelle

Mécanisme / fiabilité

Bande passante / trafic, stockage

CDN, hébergeurs, fournisseurs cloud, FAI

Techniquement élevée mais détenue par des acteurs privés, non centralisée

Accords de coopération — négociation complexe, données sensibles — fiabilité modérée

Objets IoT rattachés

Fabricants, opérateurs télécoms (SIM M2M), plateformes cloud IoT

Techniquement élevée mais fragmentée entre de nombreux acteurs

Auto-déclaration puis accords avec grands fournisseurs — fiabilité faible à modérée, amenée à s'améliorer

Revenus de plateforme (Phase 3)

Paramètre

Source(s) potentielle(s)

Disponibilité actuelle

Mécanisme / fiabilité

Revenus versés à l'utilisateur individuel

Déclaration directe par la plateforme (YouTube, Meta, TikTok, Amazon, Etsy, Fiverr, etc.)

Élevée — les grandes plateformes disposent déjà de ces données pour leurs propres obligations de conformité (KYC, DAC7, 1099)

Déclaration obligatoire de la plateforme, sur le modèle DAC7/OCDE — fiabilité élevée, sous réserve de l'accord des plateformes concernées

Rappel : les root-servers DNS ne constituent pas une source pertinente pour le trafic réel des sites, puisqu'ils ne voient que la résolution initiale des noms de domaine de premier niveau.

La typologie détaillée des objets IoT actuellement utilisés (huit grandes catégories, de la maison connectée à la robotique de service) figure en annexe (section 7.2) ; la catégorie « robotique de service » est celle qui rejoint le plus directement l'argument développé en section 2.5 en faveur d'un identifiant rattachable à l'utilisateur.

Deux constats transversaux ressortent de cette méthodologie, à mettre en avant explicitement plutôt qu'à minimiser : les données « totales » sont largement collectables via coopération institutionnelle avec des sources déjà existantes, à coût marginal raisonnable ; les données « Internet-spécifiques » n'ont en revanche aujourd'hui aucune source tierce fiable et reposeront nécessairement sur l'auto-déclaration au démarrage — ce qui n'est pas rédhibitoire (de nombreux systèmes fiscaux internationaux fonctionnent initialement sur ce mode, avec contrôle a posteriori) mais doit être présenté comme une limite assumée du système à son lancement, avec une trajectoire d'amélioration progressive plutôt que comme un problème résolu. Le volet Phase 3 échappe partiellement à cette limite puisqu'il s'appuie, par construction, sur une déclaration par un tiers vérifiable (la plateforme) plutôt que par l'assujetti lui-même.



4. Faisabilité financière

4.1 Marché actuel et objectif de revenu

Le marché mondial actuel des noms de domaine génère un ordre de grandeur d'environ 5 à 6 milliards $ par an pour l'ensemble des registries et registrars (chiffre à confirmer et sourcer précisément dans une version ultérieure). Le budget annuel actuel de l'ICANN est de l'ordre de 150 à 200 millions $ (chiffre à confirmer). L'objectif de 30 milliards $ par an retenu pour la nouvelle tarification (section 2.4) représente donc une refonte substantielle, mais non déraisonnable au regard de ces ordres de grandeur, du barème existant.

Contrepartie pour les grands groupes numériques (ajout du 12 septembre 2026) : cet objectif de financement ne doit pas être présenté comme une simple taxe supplémentaire, mais comme la contrepartie d'avantages substantiels que la création de l'OI apporterait, en premier lieu, aux acteurs qui contribueraient le plus — les grands groupes numériques — et, plus largement, à l'ensemble des entreprises utilisatrices de l'Internet : stabilité juridique et harmonisation des règles entre juridictions, renforcement de la sécurité et de la lutte contre la cybercriminalité (section 2.1), gouvernance internationale de l'intelligence artificielle, et amélioration du système d'information de l'Internet lui-même. Pour des entreprises dont les résultats se chiffrent en dizaines de milliards de dollars, une redevance plafonnée (section 2.4 ter) représente un coût marginal au regard de la sécurisation d'un environnement numérique mondial dont ces mêmes entreprises tirent une part déterminante de leurs revenus. Cet argument de réciprocité — financement contre stabilité et sécurité de l'écosystème — mérite d'être développé dans la version destinée à la négociation politique, en complément de l'argument de soutenabilité macro-financière déjà traité en section 4.4 et dans la Note-Proposition n°1.

4.2 Coût de développement de l'application

Sur la base d'une équipe internationale expérimentée en développement d'applications transactionnelles à grande échelle, mobilisée par ou pour une organisation internationale (et donc soumise à des exigences de sécurité et de conformité multi-juridictionnelles plus élevées qu'une équipe purement privée), un coût moyen chargé de l'ordre de 18 000 à 28 000 $ par mois-personne est retenu à titre d'hypothèse de travail — incluant salaire chargé, charges sociales, encadrement de projet et frais généraux, mais hors infrastructure (section 3.2).

Appliquée aux estimations de la section 3.1, cette hypothèse donne les ordres de grandeur suivants :

Ces montants sont très modestes au regard de l'objectif de revenu annuel visé (30 Md$/an, section 2.4) et ne constituent donc pas un facteur limitant du projet ; le facteur limitant reste, comme indiqué en section 3.1, la fiabilité de la collecte plutôt que le coût de développement applicatif. Cette hypothèse de coût moyen par mois-personne reste à valider avec Pierre Genevier et à harmoniser avec la même question posée pour la Proposition n°3 (cf. Note-Proposition n°3, section 6).

4.3 Mécanique tarifaire à formaliser

Le barème permettant de passer de l'ordre de grandeur actuel (5 à 6 Md$/an) à l'objectif de 30 Md$/an reste à documenter : critères de progressivité, seuil de revenu des entreprises assujetties, prise en compte de l'utilisation effective des ressources par les utilisateurs personnels de l'Internet, cohérence avec le moteur de calcul paramétrique (section 2.1). Ce travail, distinct du développement applicatif, conditionne directement l'atteinte de l'objectif de revenu et sera mené une fois le projet approuvé, conformément à la section 2.4. L'illustration de répartition par pays et par catégorie d'entreprise présentée en section 2.4 ter, et détaillée en Annexes E et F, constitue une première base de travail pour ce chiffrage, sans s'y substituer.

4.4 Renvoi — lecture macro-financière

La lecture du financement de l'OI à travers les trois scénarios d'infrastructure (part de l'objectif de 30 Md$/an consacrée au CAPEX et à l'OPEX de chaque scénario) relève du financement global de l'OI en tant qu'institution et est traitée dans la Note-Proposition n°1 (section 4.4), à laquelle la présente note renvoie.

5. Calendrier de mise en œuvre

Durée totale estimée entre le MVP et un système pleinement opérationnel à l'échelle mondiale : 3 à 5 ans (section 3.1). Ce calendrier conditionne directement celui de la Note-Proposition n°1 : le passage du Scénario A au Scénario B de l'OI suppose que le mécanisme de tarification ait atteint une maturité suffisante pour en financer le CAPEX et l'OPEX (Note-Proposition n°1, section 4.4).

Le dispositif portant sur les objets IoT (modules 7 à 12, section 2.2) reste conditionnel à la négociation préalable d'un cadre de protection des données et n'est pas intégré à ce calendrier. Le dispositif portant sur les revenus de plateforme (modules 13 à 17), en revanche, peut être engagé dès la phase de MVP, en parallèle de la Phase 1, conformément à la clarification apportée en section 2.5 — son calendrier propre reste à établir une fois le principe validé politiquement et le mode de collecte (déclaration vs retenue à la source, section 2.6) arbitré.

6. Risques et points ouverts


7. Annexes

7.1 Annexe A — Tableau des modules et estimation de charge (Phase 1)

Reproduit de la section 3.1 pour référence rapide.

Module

Complexité

Estimation (mois-personnes)

1. Registre des entités

Modérée

8–14

2. Collecte / déclaration

Modérée à élevée

12–20

3. Moteur de calcul

Modérée

6–10

4. Vérification / audit

Élevée

14–24

5. Facturation / suivi

Faible à modérée

6–10

6. Tableau de bord

Faible

4–8

7.1 bis Annexe A' — Tableau des modules et estimation de charge (Phase 3)

Module

Complexité

Estimation (mois-personnes)

13. Rattachement identifiants plateforme

Modérée

8–14

14. Collecte / déclaration (revenus plateforme)

Modérée à élevée

10–16

15. Moteur de calcul

Modérée

6–10

16. Vérification / audit

Élevée

12–18

17. Tableau de bord

Faible

4–8

7.2 Annexe B — Typologie des objets IoT actuellement utilisés

Recense les grandes catégories d'objets connectés existantes, utile pour cadrer le périmètre des déclarations attendues au titre du Module 2 et pour anticiper l'évolution du parc concerné.

7.3 Annexe C — Volumétrie détaillée

Catégorie

Ordre de grandeur

Entreprises actives dans le monde

~ 300 à 350 millions

États + collectivités infra-nationales

~ 190 États, plusieurs centaines de milliers d'entités au niveau municipal

Associations / organisations à but non lucratif

Plusieurs dizaines de millions (estimation très incertaine)

Noms de domaine actifs dans le monde

~ 350 à 370 millions

Base totale retenue pour le dimensionnement (Phase 1)

~ 400 à 500 millions d'entités

7.4 Annexe D — Sources et données chiffrées sur les revenus générés sans site propre

Chiffres cités en section 2.6, avec leurs sources, en remplacement des estimations non sourcées de la version du 31 juillet 2026. Ces chiffres restent des ordres de grandeur, à traiter comme des fourchettes plutôt que comme des valeurs uniques dans toute communication externe de la note.

Donnée

Ordre de grandeur

Source(s)

Taille du marché mondial de la creator economy, 2025

~ 250 à 255 Md$

Grand View Research ; Research and Markets

Taille du marché mondial de la creator economy, 2026 (projection)

~ 310 à 325 Md$

Grand View Research ; Research and Markets

Nombre de créateurs actifs dans le monde

~ 200 à 300 millions

Multiples cabinets d'études convergents

Part des créateurs gagnant plus de 100 000 $/an

~ 4 %

Analyses agrégées de la creator economy, 2026

Part des créateurs gagnant moins de 15 000 $/an

~ 50 %

Analyses agrégées de la creator economy, 2026

Marché mondial de l'influencer marketing, 2025

~ 32,5 Md$

Influencer Marketing Hub / Mordor Intelligence

Marché mondial de l'influencer marketing, 2026 (projection)

~ 40,5 Md$

Mordor Intelligence

Reversements cumulés de YouTube aux créateurs, 2021-2025

> 100 Md$

Annonces publiques d'Alphabet / YouTube (2025)


7.5 Annexe E — Répartition indicative de l'objectif de 30 Md$/an par pays (nouveau, 12 septembre 2026)

Calcul réalisé à la demande de Pierre Genevier par Microsoft Copilot, à partir des données de PIB nominal par pays pour 2026 (FMI, telles que reprises sur une page Wikipédia consultée le 12 septembre 2026). Méthode : Montant attribué à un pays = 30 Md$ × (PIB du pays ÷ somme des PIB retenus). Voir la mise en garde méthodologique en section 2.4 ter sur l'écart de 1 à 2 % entre ces valeurs et les dernières estimations directes du FMI pour certains pays — l'ordre de grandeur et le classement relatif ne sont pas affectés.

Top 20 pays par PIB nominal 2026 (FMI) et part correspondante des 30 Md$

Rang

Pays

PIB 2026 (Md$)

Part des 30 Md$ (Md$)

1

États-Unis

32,384

9,60

2

Chine

20,852

6,20

3

Allemagne

5,453

1,60

4

Japon

4,379

1,30

5

Royaume-Uni

4,265

1,27

6

Inde

4,153

1,23

7

France

3,596

1,07

8

Italie

2,738

0,81

9

Russie

2,656

0,79

10

Brésil

2,636

0,78

11

Canada

2,507

0,74

12

Australie

2,124

0,63

13

Mexique

2,121

0,63

14

Espagne

2,091

0,62

15

Corée du Sud

1,931

0,57

16

Turquie

1,640

0,49

17

Indonésie

1,540

0,46

18

Pays-Bas

1,450

0,43

19

Arabie saoudite

1,389

0,41

20

Suisse

1,147

0,34

Top 50 pays par PIB nominal 2026 (FMI) et part correspondante des 30 Md$

Somme des PIB des 50 premiers pays retenue par Copilot : 126 295 331 M$ ; facteur de proportion : 30 / 126 295 ~ 0,0002376.

Rang

Pays

PIB (M$)

Part (M$)

1

États-Unis

32 383 920

7 694

2

Chine

20 851 593

4 955

3

Allemagne

5 452 858

1 296

4

Japon

4 379 253

1 041

5

Royaume-Uni

4 264 794

1 014

6

Inde

4 153 191

987

7

France

3 596 094

855

8

Italie

2 738 164

651

9

Russie

2 656 452

631

10

Brésil

2 635 912

626

11

Canada

2 507 340

596

12

Australie

2 123 963

505

13

Mexique

2 120 855

504

14

Espagne

2 091 222

497

15

Corée du Sud

1 931 008

459

16

Turquie

1 640 223

390

17

Indonésie

1 539 872

366

18

Pays-Bas

1 449 704

344

19

Arabie saoudite

1 388 676

330

20

Suisse

1 146 911

272

21

Pologne

1 134 248

270

22

Taïwan

976 719

232

23

Irlande

779 381

185

24

Belgique

776 730

184

25

Suède

760 481

181

26

Israël

719 848

171

27

Argentine

688 378

164

28

Singapour

659 572

157

29

Autriche

623 719

148

30

Émirats arabes unis

621 546

148

31

Norvège

599 406

142

32

Thaïlande

579 996

138

33

Colombie

539 530

128

34

Vietnam

527 266

125

35

Malaisie

516 428

123

36

Philippines

512 222

122

37

Bangladesh

510 705

121

38

Danemark

503 772

120

39

Roumanie

480 834

114

40

Afrique du Sud

479 964

114

41

Pakistan

452 000

107

42

Hong Kong

450 138

107

43

République tchèque

432 597

103

44

Égypte

429 645

102

45

Chili

407 850

97

46

Pérou

380 900

91

47

Portugal

380 637

91

48

Nigeria

377 365

90

49

Kazakhstan

360 456

86

50

Finlande

337 669

80

Quelques rangs additionnels, à titre d'illustration de la fin du classement

Rang

Pays

PIB (M$)

Part (M$)

51

Iran

300 293

71

52

Nouvelle-Zélande

278 636

66

71

Croatie

116 574

28

72

Côte d'Ivoire

112 115

27

101

Soudan

44 688

11

102

Islande

43 800

10

121

Trinité-et-Tobago

26 836

6

122

Tchad

25 628

6

190

Nauru

196

0,05

191

Tuvalu

65

0,02


7.6 Annexe F — Illustration de plafonnement par catégorie d'entreprise pour la part américaine (7,69 Md$/an) (nouveau, 12 septembre 2026)

Illustration réalisée à la demande de Pierre Genevier par Google Gemini, sur la base des données du U.S. Census Bureau (environ 6 millions d'entreprises employeuses, environ 30 millions d'indépendants/non-employeurs). Objectif : démontrer qu'un barème progressif et plafonné par catégorie d'entreprise, cohérent avec le moteur de calcul paramétrique (section 2.1, Module 3), permet d'atteindre la part américaine de l'objectif de 30 Md$/an (~ 7,69 Md$, Annexe E) sans imposer de montant confiscatoire à une entreprise donnée. Voir la portée et les limites de cette illustration en section 2.4 ter.

Catégorie d'entreprise

Critère d'assujettissement indicatif

Nombre approximatif d'entités aux USA

Redevance plafonnée / forfait annuel indicatif

Recette générée (illustrative)

Très grands groupes (Tech / Cloud / e-commerce)

CA > 50 Md$ + forte dépendance numérique

~ 30 à 40 entités

Plafond ~ 25 M$/an

~ 0,88 Md$

Grandes entreprises (Fortune 500 hors Tech)

CA > 10 Md$

~ 460 entités

Plafond ~ 3 M$/an

~ 1,38 Md$

ETI (entreprises de taille intermédiaire)

CA entre 50 M$ et 10 Md$ (ou > 500 salariés)

~ 30 000 entités

~ 10 000 $ à 80 000 $/an

~ 1,20 Md$

Moyennes entreprises (PME)

CA entre 5 M$ et 50 M$ (20 à 499 salariés)

~ 200 000 entités

~ 1 200 $ à 5 000 $/an

~ 0,80 Md$

Petites entreprises

CA entre 500 k$ et 5 M$ (1 à 19 salariés)

~ 1,3 million d'entités

~ 150 $ à 600 $/an

~ 0,45 Md$

Micro-entreprises et indépendants

CA < 500 k$ (avec site propre ou domaine)

~ 12 millions d'entités

Forfait ~ 15 $ à 45 $/an

~ 0,36 Md$

Phase 3 — revenus de plateforme (volet américain)

Créateurs / vendeurs sans site propre (YouTube, Amazon, Etsy...)

Millions de personnes

~ 0,5 % à 1 % prélevé à la source (exonération sous 2 000 $/an)

~ 2,20 Md$

Administrations, universités, organisations

Établissements publics, grandes ONG, universités

~ 80 000 entités

Forfait ~ 500 $ à 10 000 $/an

~ 0,42 Md$

Total illustratif pour les États-Unis : ~ 7,69 Md$, cohérent avec la part attribuée aux États-Unis par la répartition proportionnelle au PIB (Annexe E).

Lecture des plafonds proposés